La quête de la vérité

Lettre de Paul Signac, 16 mai 1926. Code archives : AG 1-IICI-OIM-VI-4. Collection des Archives de l’UNESCO.

 

Au début du XXe siècle, les technologies en matière de détection des faux se développent : l'analyse chimique ou la radiographie commencent à être utilisée pour l'identifications des toiles de maître. Aussi, en 1926, l'Institut International de Coopération Intellectuelle (IICI) lance une vaste enquête sur la protection des oeuvres d'art, des spécialistes de différents pays sont interrogés. L'Institut pose plusieurs questions : faut-il créer une organisation internationale pour protéger les oeuvres ? Comment doit-elle agir ? Quelles méthodes doit-on employer pour faire des expertises ? Paul Signac, en tant que président de la Société des artistes indépendants qu'il a fondé avec Georges Seurat, répond à l'Organisation.

Cette lettre manuscrite est conservée au sein des archives de l'UNESCO, dans le fonds de l'IICI, fait montre d'un étonnant scepticisme de la part d'un peintre vis à vis des experts. Loin de répondre aux interrogations de l'organisation, il préfère la prudence : une expertise n'est jamais certaine et dans ce domaine les artistes sont supérieurs aux savants qui ne doutent pas.

 

En voici la transcription :

 

Monsieur,

 

Je reçois ici votre aimable lettre du 3 mai. Veuillez excuser mon retard involontaire à y répondre.

Je pense que toute recherche de la vérité est bonne dans la vie artistique comme dans la vie sociale. Mais je pense aussi qu'il faut être très prudent dans les expertises, même pour celles qui se présentent avec les meilleures apparences scientifiques. Souvent j'ai, pour donner mon avis, sur l'identification d'oeuvres d'art, douté de moi-même - même devant les quasi-certitudes. Et je n'ai pas eu toujours à le regretter.

Si les artistes hésitent ... les savants pourront-ils affirmer ? Que d'experts scientifiques, se sont trompés ! Soyez donc prudents.

Veuillez agréer monsieur, l'assurance de mes sentiments les plus distingués.

 

Paul Signac

 

Pour voir l'ensemble du dossier, cliquer ici.

 

Sarah Rigaudeau, assistante de projet


Mécènes

 Avec le soutien du peuple du Japon

 
 

Partenaires

 
Nous avons des partenariats fondés sur une vision et des objectifs communs